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bravo les gensLe blog qui dit tout haut ce dont tout le monde se fout tout bas
March 08 le non-évènement de l'année!Le Oupisme a son premier lieu de culte! Si vous avez aimé les théories oupistiques (ou pas), si vous ne savez pas ce qu'est le oupisme (ou pas), si vous n'avez que ça à foutre (ou...heu, ouais, si), rendez-vous au Temple de Oupi pour tout savoir sur le Oupisme et les trucs qui n'ont rien à voir (comme par exemple, les coussins et la choucroute. Ou pas.) Si vous êtes intéressés par la rédaction d'articles, il suffit de me filer votre adresse mail pour vous voir compté parmi les auteurs. Au fait, le mot de passe est "concombre". February 05 la réalité, c'est très surfait. Le problème, une fois constatée une totale absence de foi, d'ésotérisme, de philosophie à consommer sur place dans son sac en papier, c'est qu'il ne reste plus que la réalité. La réalité, c'est pas mal. On la tâte du bout du doigt; elle plait. C'est bon j'embarque. On prend le petit papier fourni avec: comment entretenir votre réalité. La croyance entretient, la réalité est entretenue. La foi quelconque en une quelconque ligne de vie, celle qui se trouve plus dans la tête que dans la main, est un diapason sur lequel les âmes s'accordent. S'accordent à penser pareil, à dire les mêmes choses, dans les limites du raisonnable; elles résonnent. c'est un fil, un guide, un modèle, un jeu de points numérotés qu'il faut relier. Quand on croit, on est plusieurs: soi et ceux qui croient. Dans la réalité, on est tout seul. Même avec ceux qui pensent pareil. Pour les adeptes de la réalité, il faut toujours savoir ce qu'on fait. Pas si on fait bien ou mal. Trop ou pas assez. Pas comparaison possible si on est seul. Non, juste savoir. Se retourner sur soi, se regarder. Ne pas créer la moindre illusion sur soi. La moindre hypocrisie. Je peux faire les pires horreurs que je veux, du moment que je sais que je les fais, comment je les fais, pourquoi je les fais. Je me suis autorisé cette discipline car pour moi, le "j'ai envie" ne répond à aucune de ces questions. Surtout que, si on veut bien faire, être logique avec soi-même, il y a toujours un moment où il faut jeter le petit papier. Et ça, c'est du boulot messieurs dames. Dans la croyance, il y a toujours un but à atteindre, un dernier point à relier. La réalité est la science du "pourquoi", la croyance celle du "pour quoi". L'un marche à reculons, l'autre en aveugle, et les deux sont incapables de donner une indication à l'autre pour lui éviter de se prendre les pieds dans le Grand Tapis Céleste. Enfin, ça, c'était avant. J'ai jeté le petit papier avec mes assiettes. Voilà un couple encore plus surprenant que celui "bébé+eau du bain". "Elle écrit bizarre aujourd'hui, Fuchsia, non?" Oui. Il est 3h31 du mat', j'ai un mal de crâne pas possible, je crois que j'ai faim, et je me force à écrire. Donc forcément ça coince. Je pensais que la réalité, c'était juste une question de discipline. De priorités parfaites, de questions justes. De parfaite sincérité. Soyons technique. Le manque de nourriture provoque des pensées paranoïaques avec des complexes de persécution. Les miennes étaient jolies comme tout. Je posterais un jour rien que sur elles. Le moindre murmure à travers le mur chuchotait mes vices, m'attribuait des fautes. Les amis qui me visitaient voulaient me surveiller. Ils se réunissaient le soir, et faisaient des comptes rendus de mes activités, cachés sous leurs cagoules. Le gouvernement nous mentait: la nourriture n'est pas indispensable à la survie de l'Homme! Les lobbies alimentaires faisaient pression! Scandale, scandale des cinq fruits et légumes par jour! On cherche à berner le contribuable! Rasons les champs! Liberté aux vaches laitières! Dignité pour les poules! Un sentiment de puissance irradiait le moindre de mes gestes, de mes pensées. J'étais Clairvoyante, Lucide, comme jamais. J'étais l'Elue au Petit Appétit. Quand on choisit la réalité, on se fait sa propre carte avec ses petits points à relier. Leur durée de vie est celle d'une pensée. Chaque pensée est passée au crible, au tri, à l'approfondissement, à l'épuration, pour savoir si elle est, dans la réalité propre et subjective qu'on s'est choisie, Vraie. Chacun de mes délires passaient sans problème. Bien situé sur la carte, bien à sa place, intégré dans le décors, même pas un petit bizuthage. Je pense, au sens le plus proche de l'expression, que j'ai vécu ce qui s'appelle "perdre l'esprit". J'ai perdu l'esprit comme on perd un ami: toujours là, quelque part, sans doute, toujours opérationnel, menant sa vie, embrassant sa femme et allant faire ses courses. Mais le téléphone ne sonne plus, la sonnette reste muette. Je ne peux plus compter sur lui. Restons technique. Le manque de nourriture entraine des troubles sensoriels. Je vous l'avais dit: quand j'ai remarqué que mes privations me procuraient un tel bien-être, je me suis inquiétée. Puis, quand j'ai commencé à voir des choses qui n'existaient pas, j'ai paniqué. On devrait faire des stickers, comme sur les paquets de clopes "fumer provoque le cancer du poumon" / "ne pas manger provoque des hallucinations." Mes halu étaient pour la plupart du temps positives. Ca tenait du domaine affectif: être persuadée d'avoir vu passer mon chat dans le couloir (alors qu'il est dehors), être persuadée de voir un autre chat dans mon lit (et de se sentir conne quand surprise à caresser la couette), voir le petit ami de ma mère âgé de 12 ans passer la porte (tient tu étais déjà chauve à cet âge-là?), avoir des conversations passionnantes avec des gens qui ne sont pas là. Puis, il y a les autres. Souvenez-vous, dans votre enfance, ces persuasions atroces: il y a quelqu'un dans ma chambre. Un truc bouge sous mon lit. J'entends respirer. Imaginez-vous, à cet âge, voir, vraiment voir, quelque chose sortir de sous le lit. Quelque chose d'informe, inidentifiable, qui exhale une puanteur terrifiante, une odeur qui ne rappelle rien de connu, rien de réel, et qui vous prend la gorge. Vous aurez une petite idée des hallu négatives. Je suis athée. Complètement. Comme pas possible. Et j'ai vu, un jour, le Diable pousser la porte du salon. Maintenant, je sais pourquoi au Moyen-Age ils étaient si religieux: pas assez à bouffer. J'ai tellement maigri que je suis passée entre les mondes. Toujours savoir ce que l'on fait. Toujours. J'ai vu que je déconnais. Qu'il fallait que je remange. Pas envie? ça ne répond à aucune des questions. J'ai donc remangé. Pour de vrai. Mon combat, mon orgueil, mes petites provocations avec l'assiette disparues. Les délires? Disparus. Les hallu? Disparues. Voilà, je suis guérie, je vais bien. je suis de nouveau dans la réalité. Je ne pense plus à la nourriture: je la mange, c'est tout. Comme si c'était normal. ha ha ha, corrige-toi, Fufuch: C'EST normal. Tu as failli t'avoir là. Mais tu es dans la réalité, où tu te surveilles, où tu ne dois pas dévier. Je mange, je ne dévie pas. Hier soir, j'étais toute fière de moi car j'ai salivé à l'odeur du poulet dominical. Une pulsion gallinacée plein la bouche. Me suis fait une assiette. Direct. Et ouais, ça vous en bouche un coin, hein? Le soir en me couchant, j'y ai repensé. Auto congratulation. Je me congratule beaucoup, c'est important, et puis ça fait toujours plaisir. J'ai mangé du poulet à midi, et le soir, je... Je... J'ai pas mangé. Rien du tout. Complètement, purement, connement pas mangé. Oublié. Même pas fait attention. Si je ne m'étais pas tapée dans le dos, je serais toujours persuadée d'avoir retrouvé un régime (hi hi hi) normal. Persuadée de me surveiller de près, avec mon air inquisiteur, et moi toute souriante en soquette blanche qui fait tout bien comme il faut. Ben merde. Je fais quoi, alors? Roh, tout de même, je vais pas faire tout un plat (hum, décidement quelle forme, Fufuch!) Juste un oubli, ça arrive. Tu manges normalement, tu le sais, tu le sens, tout en toi dit que tu es normale, tu te sens normale, enfin comme d'hab quoi, tous ces parasites de la crise d'ano, les bons et les mauvais, sont partis. Pourquoi douter? C'est vrai ça, pourquoi? Parce que ma mère m'a dit "t'as encore maigri."? N'importe quoi! Je bouffe! Je m'empiffre! OK, je suis incapable de dire avec quoi, mais je le sais! Je le sais que je mange! Ben tient, je me le prouve. Strip tease, balance. Greugneugneu, "t'as encore maigri", je t'en foutrais, moi, des t'as encore... J'ai encore maigri. Oups. January 25 chanson à boire Ô merveilles d'hypocrisie égotique. Comme on s'aime, comme on se cajole, même le plus misanthrope des cyniques. Comme on se protège, on se console, on se berce dans nos propres bras au sein d'une douce mélopée...Chhhut...Je est là. J'ai toujours été longue. Longue à venir, longue à réagir, longue à écrire, à comprendre. Il était bien naturel que mon physique reflète cette perpétualité. Un grand machin tout sec, toujours un peu trop maigre. Les gens qui m'aiment disent "fine". Les gens qui m'aiment ont de la cellulite. Il y a deux semaines, ou trois, ou dix jours je ne sais plus, je me suis inventée une maladie. Oulà, les gars, j'ai la tête qui tourne, ouillouillouille. Suis même allée chez le médecin, dis donc: je jouais tellement bien la comédie que j'ai fini par me faire douter. J'ai gagné un bleu dans la saignée du bras. J'ai toujours des bleus partout, de toute façon. Et j'ai dit à mon père:" j'ai la tête qui tourne alors j'ai la nausée alors je mange pas alors j'ai la tête qui tourne." Et j'ai ri. Tout moi, ça! Mais c'est pas grave. Après tout, je suis juste un peu malade. Suffit d'attendre que ça passe. "Suffit d'attendre que ça passe." Merci Papa. Et je me cajolais. Je me berçais tout doucement, avec une suave mélopée..."c'est juste des vertiges...Ca ne recommence pas, non...Ce n'est pas comme avant...Ca ne sera plus jamais comme avant...Car tu es guérie maintenant...Non, ce n'est pas comme avant..." Il y a deux semaines, ou trois, ou dix jours je ne sais plus, j'ai arrêté de manger. Je ne m'en étais même pas aperçue. Après tout, j'étais malade, non? J'avais des vertiges, peut-être même de la fièvre, tant qu'on y est. C'est normal de ne pas manger, quand on est malade. Pas vrai? Chante-moi une autre chanson, une plus jolie, une qui rassure. Chante-moi que ces moments atroces où mon coeur me frappe, où mes poumons se recroquevillent, où mes yeux effrayés se cachent derrière un voile blanc et où ce gout, CE gout, me remplit la bouche et m'envahit de nausée, chante-moi que c'est juste à cause des vertiges. Une petite chute de tension, va, c'est pas méchant. Ca fait ça à tout le monde, c'est bien connu. J'ai commencé par prendre mes repas en deux fois. Un petit peu pour Maintenant, un petit peu pour Plus Tard, pour pas surcharger. Puis j'ai oublié le Plus Tard. Et j'ai joué. J'ai joué avec le Maintenant. J'ai joué à le retarder le plus possible. Ho, pas que ça me dégoutait, non, pas du tout, je n'ai pas de problème avec la nourriture, non, j'en ai jamais eu, j'ai même fait une chanson sur ça. Non, juste...comme ça. Voir combien de temps j'étais capable de tenir sans manger.Apnée stomacale. Regarde Je, regarde comme je suis forte, comme je maitrise mon corps, comme je le mets à ma botte. Regarde comme j'ignore superbement sa requête. C'est moi le chef. Le chef cuisinier, hi hi hi! Avec son fouet! Regarde: je ne sais rien faire, je ne fais rien, je ne sers à rien, je suis une tache, un boulet, un jouet porté par le vent des autres, mais ça, CA, c'est moi, ça je le dirige, là, je n'ai pas peur. Ca t'en bouche un coin, cher Je, n'est-ce pas? Je te comprends. Moi aussi, je m'impressionne. Je sens mon ventre se remplir d'acide et ça me fait jouir. J'aime le faire enrager. Je suis taquine. Ne t'inquiète pas, petite poche sommaire, tu vas l'avoir, ton repas. Regarde, il est là, tout fumant, dans la cuisine...Là, vois, je te l'approche...Et...Hop! A la poubelle! Hi hi hi! Je t'ai bien eu, hein? Rolala, mais fais pas cette tête. On peut vraiment pas rigoler avec toi. Vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne pouvez pas. Parce que vous êtes des chieurs. Vous ne le saviez pas? Moi maintenant je le sais. Question de logique. Quand y'a rien qui entre, y'a rien qui sort. Vous ne connaissez pas, cette sensation, cette merveille des dix secondes montre en main dans les toilettes, cette petitesse émouvante qui tourbillonne avec la chasse d'eau, et de savoir qu'on est vide, encore, enfin, vide après si peu, et si on est si vide c'est parce qu'on est si pure, si propre, impeccable sous toutes les coutures, jusque dans les intestins. Vous transportez des kilos de matières fécales qui grondent, s'agglomèrent, fermentent et pètent, dans vos pantalons à pince, vos politesses délicates, vos manières de prince, et vous poussez un bon coup après une excuse exquise, des gémissements de coït dans la gorge et le pourpre qui vous monte au front. Moi pas. Ho, faut pas s'inquiéter. J'ai toujours été prudente. Toujours su où se trouvait la limite, la barrière. Ne sors jamais sans mon baudrier. J'ai arrêté de boire aux premiers signes des prémisses de la dépendance. Toujours fuis la drogue avec une colère qui en dit très long sur la vigueur de ma tentation. Voyez? Je prends soin de moi. Cette barrière-ci se nomme 52. Faut la nommer en kilos, hein, sinon ça ne veut rien dire, andouille. Me reste donc 1,2 kg de bonne santé. Voyez, j'ai de la marge. Hier, j'ai décidé que je remangeais. Donc repas. Petit, le repas. L'estomac a rétréci, c'est normal que je ne mange rien. Comment ça, j'ai mangé moins que la veille? Ho, tais-toi et chante. J'ai décidé que je mangeais, et c'est moi le chef, je l'ai dit plus haut, tu sais pas lire? Ce sera pour demain matin. Faut voir ça comme une nouvelle aventure, un nouvel amusement. Ce matin, nouvelle aventure, nouvel amusement! J'ai mangé et vomi! Hey, les gars, vous voyez ça, je prends du galon! Encore un peu et toutes les ano du monde vont s'appuyer sur leur chaise, se lever, brandir leur perf' et chanter "elle est des nôôôôôôô - treux!" J'aime les chansons. J'ai toujours su où se trouvait la barrière; je savais où elle était, et je l'ai franchie. Et là, dans cette vaste prairie bleue infestée d'idées pensives et ruminantes, j'ai vu qu'il n'y avait pas de barrière, pas de limites, qu'il n'y en avait jamais eues, que c'était juste une chanson que je me chantais, pour ne pas voir que mon esprit supposé équilibré, mon intelligence auto-proclamée forte et lucide, ne pouvaient survivre que dans un monde manichéen. Où ceux qui vont bien agissent comme des gens qui vont bien, et que si on fait comme eux, tout ira bien. Il n'y a pas de barrière. Juste des étapes. C'est vachement plus facile à franchir. On peut même le faire sans le voir. Je veux manger et je n'y arrive pas. Ca ne m'effraye pas, non. Ce n'est pas ça qui m'effraye. Je veux manger, je n'y arrive pas, et je ne me suis jamais sentie aussi bien de ma vie. Et parfois, quand la chanson s'arrête, usée, pendant les quelques secondes de silence où la grande main qui me cajole change le disque, cela m'effraye. October 18 Le Oupisme Le Oupisme est une religion basée sur la croyance que tout est "ou pas", c'est à dire que tout ce qui existe n'existe pas et tout ce qui n'existe pas existe en théorie, que chaque affirmation peut être conclue par un "ou pas." Le Dieu du Oupisme s'appelle (le Grand) Oupi, incarnation du doute et du relativisme. Les Oupistes croient en Oupi car rien que le fait de douter de son existence la prouve. Ce qui est appelé communément le libre arbitre est entièrement due à la nature de Oupi, car il est le seul dieu à douter de sa propre existence Oupi se demandant s'il existe Oupi est secondé par les Nages et les Edmons, dont le rôle est de poser des questions idiotes à leur Dieu pour qu'il y réponde "Ou Pas" et ainsi donner vie à l'objet de leur imagination, et bien se marrer. (c'est ainsi qu'a été créé le "Monstre de Spaghetti Volant", objet du culte des Pastafaristes, et accessoirement, l'ornithorynque) Les Nages transpirent beaucoup et les Edmons s'appellent tous Edmond, sauf un qui s'appelle Raoul, pour une raison qui demeure mystérieuse car il n'a rien de particulier par rapport aux autres Edmons, si ce n'est le fait de s'appeler Raoul. Les détracteurs du Oupisme affirment que cette religion a un effet pervers. En effet, chaque Oupiste s'est dit au moins un jour dans sa vie:" Si tout ce qui est n'est pas, si toutes mes certitudes ne sont qu'un choix arbitraire dans l'océan tumultueux des possibles engendrés par la puissance du Grand Oupi, si ma propre vie a été créée par cette double négation que je ne suis pas ou pas, et donc n'a aucune valeur ni existence si ce n'est par défaut, est-il vraiment indispensable que j'achète un Diesel?" C'est ainsi qu'a été créée une branche du Oupisme souvent pratiquée en parallèle même par les Oupistes les plus forcenés: le Youpisme. Le Youpisme n'est absolument pas incompatible d'avec la branche maitresse, car Oupi n'a t-il pas dit "Tout est négatif, ou pas." ? Pratiques religieuses: Un Oupiste qui se respecte répondra le plus souvent possible "ou pas" à toute affirmation dans toute conversation, ce qui explique pourquoi cette communauté est si peu populaire. C'est méanmoins un signe distinctif qui permet aux pratiquants de se reconnaitre aisément entre eux. Le Oupiste mange aussi de la tarte au citron meringuée le mercredi, sauf s'il n'aime pas ça ou que la pâtisserie est fermée, alors dans ce cas il la mange, ou pas. Cette tradition vient du jour où le Dieu Oupi, dans son Eternelle Crise Existencielle, s'est aperçu qu'il n'était pas une tarte au citron meringuée, et donc l'est devenue. Il serait apparut sous cette forme afin de transmettre Sa Sagesse et Son Savoir à ce que les Oupistes appellent les "8 apôtres". Hélas, ces apôtres étaient alors âgés de 3 ans, et jouaient dans un bac à sable un mercredi, jour des enfants. Oupi fut aspergé de sable par les apôtres (sauf un qui essaya de le mordre) et les Oupistes célèbrent cette Apparition en choisissant leur Tarte faite avec une pâte sablée. Si vous avez des questions à poser sur cette religion fascinante, vous pouvez (ou pas) la poster sur: qu'est-ce que le Oupisme? ou vous apprendrez, entre autre, rien sur le Oupisme. Sinon, vous pouvez suivre en temps réel la rédaction du Livre Saint par l'intermédiaire de sa Grande Prêtresse Fuchsia et des autres adeptes du Oupisme, sur: Le Petit Livre du Grand Oupi September 18 écrire Il faut que j'apprenne de mes erreurs, de mes mots jetés en vrac. Que je plonge les mains jusqu'au coude dans les verbes, pétrisse les adjectifs, torde les noms à en faire suinter l'ethymologie. Il faut que je racle la chair grasse, revelant l'os et sa merveilleuse dureté, son assurance, celui qui se sait incontestable. Il faut renoncer à l'explication, trancher le doigt pointé. Celui qui sait écrire est celui qui se tait. Pas de lecture sans cette connivence, cet abandon du lecteur en des lieux inconnus auxquels il ne comprend rien. Pas de littérature sans ce mouvement des lunettes cerclées d'un lettré vers les mots malins sifflotant d'un air innocent. Ô merveille de Pascal Quignard, sa pureté matinale, vaguement brumeuse. Les adjectifs d'Albert Cohen, colorés, chatoyants et nombreux, comme les perles d'un collier d'enfant qui glissent le long du fil de soie et se heurtent avec un bruit mat parfait. La facilité des vers d'Hugo. Mon Grâal se nomme élégance. J'en rabats les oreilles de mes compagnons de plume. Je cherche la pureté, l'indéfinissable, l'osseux et le brumeux. Il faut que mon roman ressemble à une faucheuse les yeux rêveurs. Mais rien de moins fuchsien, n'est-ce pas? Fuchsia écrit avec ses tripes, avec ce qui se meut, avec ce qui renvoie et digère. Fuchsia aime ce qui est encombrant, ce qui dégoute, ce qui fantasme et ce qui pue, elle aime à ses personnages donner des piques à brochettes et qu'il taquinent le ventre du placide lecteur, leur déboutonner le nombril et qu'ils revèlent boyaux et fureur, peur et honte. J'ai toujours écrit pour raconter quelque chose. Parfois, ici, pour convaincre. Je me suis laissée aller aux effets de manches, aux envolées, aux voix graves qui portent, aux rires feints emprunts de suffisance. Je peignais des personnages à grands coups de plume noire, passant et repassant sur les imperfections, leur donnant des traits épais et embrouillés. Si par hasard, par bonheur, quelque chose s'en dégageait, une vie, une lumière, une énergie, ce n'était que elle que j'avais dépensée pour le faire naitre. Ils n'avaient rien à eux. Alter, un personnage de mon précédent roman, Alter était tendre. Doux et patient. Il n'a jamais été autant lui, autant à moi, autant dans ma peau et dans mes mots, que lorsque je l'ai fait mourir. Il était beau à en pleurer, et oui, j'ai pleuré, j'ai pleuré quand je l'ai tué, quand j'ai compris que d'une telle délicatesse je ne pouvais rien faire naitre d'autre que la mort et le sang. J'ai des mains de bucheron manipulant des figures d'argile. Alter était à l'époque avec Ephélide, avec Filigrane. Perdu dans une ville trop grande, entre des citadins trop nombreux. Je fantasmais la politique. Les hypcrisies necessaires. Les révolutions. J'écrivais ce qui était à la rue, ce qui était flagrant, flamboyant, public. Sur la musique. Le personnage principal de mon deuxième roman se nomme Silence. J'écris sur elle. Sur les portes fermées. Sur ce qui s'ignore, s'occulte, sur ce qui ne se voit pas. J'aimerai écrire ce qui ne se lit pas.
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