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bravo les gensLe blog qui dit tout haut ce dont tout le monde se fout tout bas February 07 ne sois pas tristeNe sois pas triste, mon amour.
Nous aurons toujours mille luttes auxquelles nous accrocher. Mille trains dans lesquels monter quand ce que nous voyons par la fenètre n'est plus la nuit, mais juste du noir où se dessine notre reflet.
Pâles et fatigués, nos reflets. Des cernes qui s'écoulent et la peau qui se plisse. Le temps dessine sur le front des creux de perplexité. J'ai au dessus de l'oeil un abysse, né à lâge où la peau d'habitude se boursoufle et rougit. J'avais déjà des marques qui ne se soignent pas, à l'âge où tout se soigne.
Ne sois pas triste, car mon amour, quand lassés de se voir nous nous regarderons l'un l'autre, et nous nous verrons l'un dans l'autre. La chute de l'être aimé est toujours plus émouvante. Ne sois pas triste, car nous aurons toujours de quoi nous émouvoir.
Ne sois pas triste car nous serons vivants jusqu'à l'ultime seconde de notre mort, luxe inaccessible. Ne sois pas triste car quand fatigués de voir des morts vivre, de les voir parler, bouger et se nourrir, nous aurons toujours des bras pour nous enlacer.
L'inspiration ne vient pas, ne vient plus, et je ne sais plus quoi écrire. Il y a un grand froid en moi alors ne sois pas triste, car quelqu'un a besoin de ta chaleur. Douce chaleur émouvante d'un lit, d'un regard que personne ne surprend. Ne sois pas triste, car j'ai besoin de nos secrets.
Je ne sais plus quoi écrire et j'ai de grands cahiers remplis de littératures tordues que moi-même je n'arrive pas à déchiffrer. Je fais toujours exprès d'écrire très mal pour que personne ne puisse me lire. Parano des écrivants. Orgueil des écrivains: si quelqu'un se penche sur mes hieroglyphes, qu'il soit un intrus, un inconvenant, un voyeur penché à la fenètre de mes mots, je le veux. Ne soyez pas tristes, mes amours à qui j'ouvre la fenètre.
Je veux peindre des désespoirs car ils brulent, et je veux que vous ayez chaud. Je veux peindre des vérités car elles glacent, et je veux que vous ayez froid. Je veux que vous sortiez de mon putain de roman de merde avec un bon rhume. Eternuez, enduisez-le de morve, et Dieu vous bénisse, comme disent les Saxons.
Née trop jeune dans un monde trop con, et en plus dans le mauvais pays. Je suis atrocement British. Je dois assouplir ma langue natale à coups de fers à friser, oui, des anglaises, précisément.
Il a un côté très américain. Deux expatriés sur la terre qui les a vu naitre. Ne sois pas triste, mon amour, que je voie tes rivages par temps clair, se lorgner d'un bout à l'autre de l'Atlantique. Que je voie ta violence et tes aciers, dans mes pelouses et mes tasses de thé. Lire ton avenir dans mes feuilles.
Le vampire et la sorcière. Ne sois pas triste, car d'avenir, je n'en ai pas, j'ai déjà tout bu. Ca fait un peu mal au ventre, mais la réelle liberté fait toujours mal au ventre. Ne sois pas triste car je suis légère. Il est rare que ceux qui se mettent à vos pieds ne soient pas des boulets. Ne sois pas triste car je finirai au bûcher. Partir avec éclat. C'est une autre possibilité.
Les reflets: la plupart des gens accordent une importance capitale à la vie par pure peur de la mort, et ils en font un absolu, un absolu idiot, pour faire disparaitre la mort dans ce qu'elle fait elle-même naitre. Comparaison sans comparant. La vie c'est comme la vie. Ils regardent leur mort et elle est solide et compacte et leur peur leur rebondit dessus et ils paniquent: vite, il faut faire, faire quelque chose de sa vie, car en faire quelque chose c'est l'entretenir, comme une voiture, c'est pas bon de la laisser au garage, oui une voiture, exactement, il faut que j'aille quelque part, vite, et peu importe où, et des enfants, pour la remplir cette voiture, car les enfants ça fait du bruit, ça couvre le monstrueux silence qui sommeille en nous, le silence de la terre qui accueillera notre dépouille, cette terre qui existe déjà et qui attend patiente, il faut vivre vite pour laisser une nécrologie, une généalogie et des collègues de travail, bien remplir la page centrale du journal et le discours du beau-frère content de ne pas avoir à rendre la perceuse, il faut vivre vite et faire du bruit pour couvrir le silence car on n'a rien à dire.
Ne sois pas triste, mon amour, car tu es regardé par une abrutie qui tape à 5h du mat' des conneries sur son blog quand c'est toi qui a un coup de spleen.
Ne sois pas triste, car entre nous, il y a aussi une vampire et un sorcier.
(Et quand on parle de vampires à 5h du mat', mieux vaut aller au pieu. )
(tiens, ça me rappelle quelqu'un....) December 30 le truc qui m'a fait sourire cette nuit Pour les quelques lecteurs qui suivent: Vous souvenez-vous de mon délire sur la communication panoramique et le règne du Patouche? Et comme j'avais avancé, dans ma grande tolérance envers certains de mes congénères, comme les catho en étaient les rois? Voici un qui l'assume entièrement : le blog de patouche Ca sert à rien mais ça m'a fait rire. December 26 l'instant émo à 3h du mat' quand la vie est nulle Que faire quand on est triste. Quand ça nous tombe dessus comme ça - quand on se persuade que ça nous tombe dessus comme ça, alors qu'on sait très bien pourquoi. "Pourquoi es-tu triste, toi qui n'a plus de nom?" Je ne vous le dirai pas. Il ne faut jamais dire pourquoi on est triste. C'est ma tristesse à moi. Ma compagne de ce soir. Nous allons jouer, toutes les deux. Ce soir, la tristesse est mon amie. Car quand on est triste, on n'a plus d'amis. C'est comme ça. Merci de ne pas nous déranger. Prune a écrit "14 people on line and I never felt so lonely." Moi aussi je feel lonely. Et moi aussi je fais partie des 14 people on line. Voilà ce que nous sommes: des milliards à se sentir seuls, à savoir depuis des millénaires qu'on est seuls, et ça ne change rien. Mendiants d'amour. Tous en rang sur le trottoir à tendre la main. Dis, tu as reçu quelque chose, toi? qu'on demande au voisin. Evidemment que non. Sinon il ne nous parlerait pas. Seuls les tristes parlent aux tristes. Et c'est tellement tentant de se trouver des excuses. Ecu de carton des lâches. C'est dingue comme on se ressemble, tous. A se ressembler dans notre solitude et à être persuadés qu'on ne ressemble à personne, et que c'est pour ça qu'on est si seul. L'excuse. "Vous ne pouvez pas me comprendre." Et c'est vrai, c'est ça le pire. On se ressemble tous et on est incapables de se comprendre. Et on se retrouve, sachant que quelque part, une amie est triste, qu'ailleurs, une est abandonnée, à celui-ci qu'on a délaissé, à écrire des platitudes sur un blog. Avec un écu de carton et une épée en mousse, quel ennemi vaincre, quel obstacle franchir? ne restent que des portes ouvertes à enfoncer. J'écris pour une amie qui ne lira même pas ces mots. J'écris pour me dire que je fais quelque chose. Je fais quelque chose! pour les gens que j'aime. C'est pas vrai que je les abandonne, les gens que j'aime. C'est pas vrai. Regardez: je me mets mes mots comme un écu de carton. Putain, je me fatigue. Vraiment. Je me hais comme si j'étais quelqu'un d'autre. Et je hais les réactions des autres, qui regardent les gens qui se haïssent : meuh non, faut pas! pourquoi pas. Il y a des gens que je hais. Il y a des gens haïssables. Pourquoi n'en ferais-je pas partie? quelle essence ai-je en moi qui me distingue à tout jamais des gens haïssables? Tout est soumis à l'analyse. Ratio: ça c'est moi. Et tout est soumis au jugement. La Chienne : et c'est là que j'entre en scène. Oui mais toi, ton problème, c'est que tu détestes tout. La Chienne : C'est faux. J'aime l'ironie et la morsure. J'aime la beauté des corrélations quand rien n'est logique. J'aime tes fractales - elles sont délicieuses. Et surtout, plus que toi peut-être, j'aime la littérature. Ha oui. La littérature. Ma mère, ma soeur, ma femme. Celle sans qui je ne suis rien. Je suis un sac de mots. Ca ne tient pas debout. La littérature. Celle qui me sauve quand j'ai envie de mourir, celle qui me fait faire de jolies phrases, de jolis mots, quand j'ai juste envie de hurler. Un jour, une fille bien m'a emmenée dans un parc, la nuit, pour me faire hurler. Elle sentait que j'en avais besoin. Cette galère! Du m'y reprendre à trois fois. Pourtant ce cri, il était bien là, bien niché dans le fond du moi, prêt à partir. J'ai hurlé, et le cri et toujours là. Cette fille bien n'est pas une amie, et pourtant je l'aime. Il y a des personnes comme des oeuvres d'art. Qu'on admire. Même de loin, ça suffit. Là est la véritable beauté des âmes : celle qui nous fait oublier notre propre laideur. Ratio : Tu sais, l'âme humaine n'est pas faite pour survivre dans une telle haine de soi. Elle a des protections, des caches. Tu le vois chaque jour. Tu vois des personnes passer leur vie à polir et perfectionner leur amour d'eux-même malgré les évidences. La Chienne : Ha ouais, j'adore ça. Ratio : Tu te détestes non pas parce que tes monstruosités prennent tant de place que ça t'envahit, mais parce que tu ne sais pas te protéger de toi-même. Mais dis-moi Ratio, que penser d'une âme qui a besoin de se protéger d'elle-même? Ratio : Je dis que tu es une sale hypocrite, que tu es en plein bad, et donc tu orientes ma pensée en la retranscrivant. Toi qui te flattes de vivre dans une parfaite conscience de toi-même, tu te protèges de ma vision pour confirmer la tienne. Pour te confirmer que tu ne vaux rien. Et d'ailleurs, relis-toi, tu viens encore de le faire. Donc j'en suis capable, de me protéger de moi-même. Ratio : Oui, mais parce que tu m'as fait parler de telle sorte que tu aies l'occasion de dire ça! Comme quoi moi aussi je baigne dans la complaisance pour mon petit moi, et si rien n'arrive à endiguer cette furie contre moi-même, c'est que je la mérite. La Chienne : Ho putain le CQFD de merde. Tu sais que je t'aime, toi, hu? Et d'ailleurs, pourquoi j'écris? pour que quelqu'un arrive à me convaincre que j'ai tort. Mais merde, comment font les autres. Comment font les autres pour vivre comme si c'était pas eux? Les inconséquents. Je les comprends, les CDI-maison-enfants. Je les comprends, ceux qui vivent leur vie en la calquant sur celle des autres. Il existe toujours des frontières, des espaces vides entre les états, comme le dessine Ptiluc. Il existe dans la Bonne Façon de vivre un coin minuscule où se tasser, se rétrécir, et se faire un coin à soi, un coin minuscule pour des personnes minuscules. Je les comprends, les inconséquents, je les comprends et je les hais. Je veux prendre ce coin, ce trou dans la masse, le prendre à pleine main, et le déchirer. Voir ses fissures courir, gémir, et le mettre à ma taille. Pas question que je me tasse. Pas question que je baisse la tête. "Tu es complètement immature" me dit mon père. Je le suis parce que je n'ai pas encore appris à renoncer. C'est écrit : à 20 ans on s'amuse, à 21 on renonce. Je n'ai fait ni l'un ni l'autre. Le seul livre que je n'ai jamais lu, le livre du Grand Tout, dont on retrouve des avatars en librairie, sous des couvertures pleines de ciels bleus et d'yeux d'enfants. Je hais Coelho et Alice Miller. Parmis tant d'autres. Mais surtout ceux-là. Parce qu'ils sont tant aimés. Je ris quand je ne pleure pas. Les Gens Matures se débarassent de l'enfant en eux, renoncent à tout, leurs rêves, leurs innocences, leurs naïvetés, puis achetent des livres pour se souvenir comment on fait. La Chienne rit quand je ne pleure pas. Je sais très bien comment ça va finir. Les gens comme moi ne survivent pas. Et je ne le regrette pas. "Qui n'échangerait pas cent ans d'ennuis contre trente-cinq ans de vie?" me chante Mano Solo. Et les gens applaudissent. Les gens aiment bien Mano Solo, ils aiment se faire dire cela, entendre cela. Ca les console de penser le contraire. Je n'ai jamais été enfant car j'ai toujours été moi. Ratio : Pur effet de style. La Chienne : Tout n'est que style. Tout n'est que littérature. Quand on lit. C'est une erreur de penser qu'on lit en suivant des mots. Que nos yeux parcourent sagement les lignes, de gauche à droite, balisés par les espaces blancs, déchiffrant vitesse éclair les syllabes, ouvriers aguerris ne prenant même plus garde à leurs mains. C'est une erreur déjà parce que c'est faux, ce qui est un très bon critère pour déceler une erreur. Intermède de curiosité scientifique. On ne lit jamais les mots en entier: on ne regarde que la première et dernière syllabe, parait-il. Le tout est complété instinctivement. C'est une bonne chose: ça permet de lire de travers, trop vite, de mal comprendre. De jouer. Aussi, les yeux ne suivent pas les lignes. Je ne suis pas scientifiquement assez curieuse pour savoir à quoi c'est dû, si ce sont les yeux qui balaient le texte en permanence, ou juste moi qui louche quand mon attention se relâche. Quand je suis fatiguée, j'ai un oeil qui part de travers. J'ai eu des amants délicats qui m'ont toujours dit que ça se voyait à peine, très peu - ho, si peu, faut vraiment le savoir, tu l'aurais pas dit je l'aurai pas vu. De plus malins disaient que ça fait mignon. Plus jeune, ça m'enrageait. Ma coquetterie dans l'oeil était la pire ennemie de ma coquetterie tout court - consolation des vilaines. Ce qui fait qu'à chaque fois que les mots bondissent des lignes - quand un mot prend l'apparence d'un autre, quand mes yeux se posent sur un mot et qu'un autre s'impose à mon esprit, je pense toujours d'abord que j'ai mal vu, lapsus oculaire - et que, quand je poursuis ma route, ce lapsus se révèle être le mot se trouvant deux lignes plus bas, à la verticale - je pense à ma loucherie, à mon oeil qui décide que ce livre ne l'intéresse pas et va voir ailleurs. Tandis que la majeure partie de ma personne continue de lire, remarquant à peine l'incident - un petit bout de moi venant du fond de mon âge peste, se met une main sur l'oeil pour reprendre le contrôle de l'importun, voire rougit quand je suis en compagnie, effrayée qu'on puisse voir ma disgrâce - Sartre en nuisette. Quand on lit, aussi, ce n'est jamais un mot après l'autre. Il y a des rythmes de musiques. En ce moment, je lis "vie et mort en quatre rimes" d'Amos Oz. C'est mon amie Stéphanie qui me l'a prêté. Je prends toujours sans réfléchir les livres qu'elle prête - ce sont toujours, toujours de bons livres. Tandis que je lis, voici ce qui se passe: "Ici tout est calme, vide et vert. Un unique corbeau, sur un poteau figé. Poussant presque de front, deux cyprès. Et un autre en retrait." Tandis que je continue de lire, une partie reste happée par ce dernier vers. Et un autre en retrait. Cette partie le trouve magnifique. Tellement nu, tellement précis - et pourtant, il conclue bien, il étoffe. Il est simple. En plus les hasards de la traduction font que c'est un demi alexandrin, et j'adore les alexandrins coupés en deux. Cette partie donc pense cela, un peu confusément à cause d'une autre, très faible et éphémère, qui a sourit à l'évocation du corbeau qu'elle n'a pu empêcher de conclure "sur un arbre perché" avant de disparaitre, petite fumée. Et je continue de lire. (...) avait publié un article en vers intitulé l'élimination du levain où il abordait la lente usure des choses: des objets, des amours, des vêtem....(...) Là je cesse. Radicalement. Je pense, relis, regoute, tourne dans ma bouche. Savoure, suce et aspire. La lente usure des choses. Ca me flatte l'oreille tout doucement, tout délicatement. Un accord qui surgit entre deux suspensions. La lente usure des choses. Je le prends, le modèle, le fait mien. C'est la fermeture des voyelles. Toutes sourdes, secrètes. Et ces consonnes si bien accordées. La lente. Ca coule. Usure. Chose. Ca vibre -ho, mais à peine. Uzzzzzzzure des chôôôzzzzzzzes. J'aimerai écrire un roman dont le titre serait la lente usure des choses. Une partie de moi cherche: quel pourrait être le sujet d'un roman ayant un tel titre? Et il arrive que ce soit tout un passage qui me happe, qui m'attache, qui me fait rebondir et repartir à son début. Un espace clos à l'intérieur du livre, une bulle prise dans le verre, dans lequel on reste coincé, on tourne. On visite. "Comment Arnold Bartok passe t-il le temps depuis sa mise à pied? A quoi emploie -t il le longues heures durant lesquelles sa vieille mère ronfle ou dévore des romans hongrois? Peut-être que, assis à l'ancienne table de repassage de son père, dans un coin de la laverie, il rédige un essai sur l'hypothèse de la vie éternelle. Il est possible, affirme t-il, que la vie et la mort soient venues au monde ensemble, tel un couple dialectique dont les deux éléments sont intrinsèquement liés; on ne peut donc parler de la vie sans la mort. Et réciproquement. La mort est apparue en même temps que la vie sur Terre. Mais Arnold Bartok démontre la fausseté de ce postulat : pendant des millions d'années, des trillions de créatures ont pullulé sur terre sans jamais expérimenter la mort. Les unicellulaires ne mourraient jamais, ils se divisaient à l'infini, chacun se scindant en deux, puis en quatre, puis en huit ect...La mort n'existait pas. Ce n'est qu'à l'ère actuelle, à l'apparition d'un mode de reproduction par fécondation, que sont survenus le vieillissement et la mort. Ce n'est donc pas le binôme vie plus mort qui est venu au monde, mais sexe et mort. Et étant donné que la mort est survenue infiniment plus tard que la vie, il faut espérer qu'elle disparaitra avant elle. La vie éternelle pourrait donc logiquement s'envisager. Il ne nous reste plus qu'à trouver le moyen d'éliminer le sexe, et, partant, d'éradiquer du monde la souffrance et la fatalité de la mort." Plus loin, un parfum. Quelque chose d'agréable, de familier. On ne voit pas d'où ça vient. C'est quelque chose comme une odeur de pain chaud, en plus sucré - une odeur de boulangerie quand elle ouvre, les matins où on se lève très tôt, plus tôt que d'habitude, pour aller travailler, pour prendre un train, pour ne pas s'avouer vainqueur face à l'insomnie. C'est chaud, chocolaté. Comme des pas les mots nous mènent à la source de ce parfum. Cette chose qu'on sentait venir, si familière, cette odeur de petit pain au chocolat. Quelque chose de très intime, qu'on pense toujours si intime, enfermé en soi comme une bulle dans du verre, hermétique et clos, et pourtant. "On en revient aux question fondamentales figurant au début: qu'est-ce qui te pousse à écrire? Et pourquoi de cette manière? Tes textes servent-ils à la société, à l'Etat; ou contribuent-ils à approfondir les valeurs morales? qui ambitionnes-tu d'influencer? Ecris-tu pour la gloire? Ou pour l'argent? A seize ou dix-sept ans, l'âge du jeune poète, Youval Dotan, l'auteur s'enfermait, la nuit, dans un entrepôt désert où il couchait sur le papiers des histoires sans queue ni tête. Il écrivait, rêvait ou se masturbait de la même façon: par contrainte, enthousiasme, désespoir, dégout et douleur. A l'époque, il s'acharnait à comprendre pourquoi, souvent, sans raison, les hommes se font du mal, à autrui ou à eux-mêmes. Aujourd'hui sa curiosité est toujours aussi vive, mais il ne supporte plus le contact physique avec des inconnus, même le frôlement occasionnel d'une main sur son épaule. Il lui répugne de respirer de l'air rejeté par d'autres poumons. Mais il continue d'écrire sur les gens pour les toucher ans les toucher et vice-versa. Autre possibilité : il écrit, comme un photographe du temps jadis, immortalisant les réunions de famille sur de vieux clichés sépia. Il court de droite et de gauche, bavarde avec les uns et les autres, lie connaissance avec tout le monde, plaisante, insiste pour installer chacun, en demi-cercle, par ordre de grandeur, il fait assoir les avortons, les femmes et les enfants, les rapproche, tête contre tête, passe à deux ou trois reprises entre les rangs pour rectifier ici et là un col, un pan de chemise, les plis d'une manche, les rubans retenant les tresses, retourne derrière son appareil juché sur un trépied, fourre la tête sous le voile noir, ferme un oeil, compte jusqu'à trois d'une voix de stentor et, quand il se décide enfin à appuyer sur le déclencheur, il transforme tout le monde en fantômes (...) Mais pourquoi écrire sur des choses qui existent indépendamment de toi? Comment rendre l'indicible par des mots? Dans ce cas, quel rôle jouent-ils, tes récits, si rôle il y a? A qui servent-ils? Qui a besoin de ces élucubrations éculées, ces histoires de fesses avec des serveuses frustrées, de lectrices vivant seules avec leur chat, de dauphines d'une Miss Plage d'Eilat, il y a vingt ans? Aurais-tu l'obligeance de nous expliquer en bref, avec tes propres mots, ce que tu essayes de dire dans ce récit? Il se cantonne dans le rôle du spectateur déconfit, comme si le reste du monde n'existait que pour peupler ses histoires. Il est profondément triste d'être toujours l'intrus, de ne pouvoir ni toucher ni être touché, d'avoir éternellement la tête sous la vieilles étoffe noire de l'appareil photo.(...) Ecrire le monde tel qu'il est, tâcher d'emprisonner une nuance, un parfum ou un son dans des mots, c'est un peu comme jouer du Schubert en présence du compositeur qui ricane dans la salle obscure. Ici tout est vert, calme et désert. Un corbeau, sur un poteau figé. Poussant presque de front, deux cyprès. Et un troisième en retrait." "Vie et Mort en Quatre Rimes" Amos Oz, trad. Sylvie Cohen, Gallimard, 2008. November 29 attention, instant historique Et oui. Plutôt corne ou marque-page ? As-tu déjà reçu un livre en cadeau ? Lis-tu dans ton bain ? As-tu déjà pensé à écrire un livre ? Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ? As-tu un livre culte ? Aimes-tu relire ? Rencontrer ou pas les auteurs des livres que l’on a aimés ? Aimes-tu parler de tes lectures ? Comment choisis-tu tes livres ? Des endroits préférés pour lire ? Un livre idéal pour toi ? Télé, jeux vidéo ou livres ? Lire et manger ? Lecture en musique, en silence ou peu importe ? Livre électronique ? Le livre te tombe des mains, aller jusqu’au bout ? Es-tu pour le partage des livres ou préfères-tu une bibliothèque séparée de la personne avec qui tu vis ? Tu lis quoi en ce moment ? Plumine, Carmihela et Fauna Amor. Mouarf mouarf mouarf! Et j'ai décidé de changer de nom. Je multiplie les pseudonymes, surnoms et autres sobriquets - je finis par ne plus savoir comment je m'appelle. Sans compter qu'avec la personne au gout littéraire excellent qui m'avait conseillé "Gormenghast" de Peake, nous partageons la même fascination pour Fuchsia et je suis déjà assez schizo comme ça. Ceci est donc un appel : je ne trouve pas de nom ayant assez de puisance pour me retenir toute entière dedans. Baptisez-moi! |
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