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bravo les gensLe blog qui dit tout haut ce dont tout le monde se fout tout bas November 14 Une petite curiosité. C'eut été mesquin de la garder pour moi. Quand ce poème nait, il est seul au monde. Le premier poème olorime publié - certains prétendent que c'est encore le seul. (Invitation à venir à la campagne prendre Le frais, une nourriture saine et abondante, Des sujets de chroniques et de biture) Je t'attends samedi, car Alphonse Allais, car A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh! la campagne! Allons -bravo!- longer la rive au lac, en pagne; Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche! L'attrait: (puis, sens!) une omelette au lard nous rit, Lait, saucisse, ombres, thé, des poires et des pêches, Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit. Et, le verre à la main - t'es-tu décidé, Roule- Elle verra, là mainte étude s'y déroule, Ta muse étudiera les bêtes ou les gens! Comme aux Dieux devisant. Hébé (c'est ma compagne)... Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne... Amusé, tu diras: "l'Hébé te saoule, hé Jean!" Ce poème est de Jean Goudez, dit Goudezki, et est dédié à son ami Alphonse Allais, qui a déjà émaillé le journal du Chat Noir sous les noms de Francisque, le critique littéraire, qui a renoncé à lui en vouloir, s'est fait passer pour Dumas Fils, et tant d'autres. Peut-être est-ce aussi lui qui a eu l'idée d'annoncer la présidence de la rédaction à Guy de Maupassant, à la grande surprise de ce dernier? Ce serait bien dans sa manière. Nous sommes en 1892. Satie a joué ses "Gymnopédies", mal acceuillies par Salis, et "ésotérik", comme le surnomme Allais, se fâche et va jouer ailleurs, rencontrer Debussy, qui compose la mélodie de "la belle au bois dormant" sur un coin de table du cabaret. (née trop tard, née si tard....) October 19 j'aime pas les croyants, surtout les catho (les mystiques, ça passe encore)Je sais, ça fait apologie de l'intolérance et c'est passé de mode. Il y a encore quelques décennies ça faisait esprit libre et gentiment provocateur, en tout cas ça passait bien, surtout si on avait moins de trente ans (et les cheveux longs) ou encore mieux, plus de soixante (et les cheveux longs). Heureuse époque. Je suis des ces pauvres hères qui forment la masse montante des nouveaux romantiques: nés trop jeunes dans un monde trop con.
Maintenant pour être "in", il faut être "sûr de ses opinions". En gros, faut être tellement persuadé qu'on a raison que l'opinion contraire ne laisse aucune griffe sur le marbre lisse de nos certitudes, et l'insensibilité à l'Autre nous évite toute envie de riposter. A ce prix là, je préfère encore être intolérante.
Parce qu'une telle assise sur nos pensées entraine forcément, pour ne pas paraitre démodé ce qui est encore pire que d'avoir tort, un nouveau type de communication, dont j'ai pu faire l'expérience ( après on s'étonne que je parle de moins en moins). Cette nouvelle mode, je la nomme "le panorama". Ou la communication panoramique, ça dépend de ma flemme du jour. (oui je sais, ça n'a rien à voir avec les catho, à peine commencé je fais une digression, et alors, je fais ce que je veux - j'avais fait une bouche en S façon smiley quand j'ai vu que les 9/10ème de mes blogs amis avaient perdu leur rédacteur, me privant de la mânne de leurs mots, et aussi, forcément, de la caresse de leur lecture - mais en fait, ça m'arrange, je ne me casse plus la tête pour que mes maigres articles soit lisibles/intelligents/intéressants/drôles/rayez la mention inutile pour qu'on prenne au moins autant de plaisir à me lire que j'en ai à lire les autres - oui, car avant, j'y prenais garde, car dans le fond, je suis une gentille fille qui n'a envie que d'être aimée - nan, j'déconne.)
Bon j'en étais où. Ha oui. La Communication Panoramique. Cette mode qui a été contaminée par cette nouvelle définition du respect, c'est à dire le Patouche. Maintenant on ne respecte plus: on touche à rien. Et le pire, c'est que la plupart des gens ne voit même pas la différence.
Chez les adeptes de la Communication Panoramique, il y a un mot de passe, pour se reconnaitre entre eux. Ce mot est une phrase : "c'est ton opinion et je la respecte." Sur tout. Et n'importe quoi. Tout ce qui sort d'une bouche et qui commence par "je pense que"" je crois que" ou même simplement "je" devient sacralisé par l'attouchement divin d'une identité quelconque qui souvent n'est même pas sur de ce qu'elle vient de dire. Tout est gentiment égalisé, l'a priori côtoie l'étude, le sens commun trinque avec la pensée, le reflexe bat le carton avec la réflexion, tout ça dans la joie et la bonne humeur en costume de Disney avec un grand sourire parce qu'on est tooooooléééérants!!! regardez comment ils sont heureux les tolérants! et comme ils sont contents de pouvoir dire qu'ils en ont absolument et royalement rien à foutre de ce que pense quelqu'un d'autre! comme ça les amuse et leur évite d'ulcères!
Dans le royaume du Patouche, la Communication Panoramique tiens de la visite du musée. On reste là, les mains derrière le dos, à contempler des opinion accrochées sur un mur blanc, pas un cadre plus grand que l'autre, attention, c'est important, et on marche. On regarde. On profite du panorama.
Reconstitution:
(Dans un salon de Patouchiens, se prépare une Conversation Panoramique. Quatre personnes assises dans des fauteuils confortables, les jambes croisées diplomatiques, les mains non belligérantes aposées aux acoudoirs ou sur les genoux. Sur la table basse, le thé refroidit. Une grosse horloge assène ses bruits mécaniques. Une mouche vole dans le silence.
Au bout d'un quart d'heure, l'hôtesse prend la parole)
Hotesse: Je pense personnellement, et ça n'engage que moi, en toute humilité, que la mode de l'auto-fiction dont est accablée notre littérature contemporaine, attention quand je dis "accablée" c'est par trait d'humour, je conçois parfaitement qu'on puisse aimer ce type de littérature, tous les goûts sont dans la nature et ne se discutent pas, l'important c'est le plaisir qu'on y prend, est née, disai-je en parlant de l'auto-fiction, de la crise égotique qu'offre notre civilisation déclinante incapable de sortir de l'individualisme.
(la mouche tourne en bourdonnant)
Invité 1 : C'est ton opinion, et je la respecte.
(la mouche vient se poser sur le bord d'une tasse)
Invité 2: merci de nous avoir fait partager ta pensée.
(La mouche s'envole et se perche sur le coin de l'horloge)
Invité 3: c'est très joli, comme point de vue.
(La mouche fait sa toilette, toujours sur l'horloge dont les aiguilles tournent à oeil nu.)
Invité 1: je pense, personnellement, selon mon point de vue, que la meilleure façon de conclure le conflit Israelo-Palestinien est, le plus simplement du monde, et j'espère ne choquer personne par une apparence d'orgueil en simplifiant peut-être à outrance le problème, même si je pense, personnellement, que la simplicité est de mise, est très simplement, disai-je, de virer à coups de pieds dans le cul tous les Juifs, car ce conflit présente toutes les caractéristiques d'une maladie, ou d'une réaction chimique dont il faut supprimer un ingrédient pour que la réaction cesse, voyez comme mon opinion est consolidée par des arguments scientifiques, et nullement dictée par une aversion envers le sionisme, qui est une opinion comme une autre, et que je respecte.
Hotesse:C'est ton opinion, et je la respecte.
Invité 2: merci d'avoir partagé ta pensée.
Invité 3: c'est très joli, comme point de vue.
(la mouche vient bourdonner autour de la tête soigneusement frisée de l'hôtesse)
Invité 2: Personnellement, je tiens à préciser que c'est une habitude qui m'est propre et que je ne taxerai personne d'être mauvaise ménagère s'il elle ne la partage pas, je garde tous mes bas filés: lors de la lessive, j'y mets mes petites choses qui craignent, et sont ainsi préservées.
Invité 1: C'est ton opinion et je la respecte.
Hôtesse: merci d'avoir partagé ta pensée.
Invité 3: c'est très joli, comme point de vue.
(la mouche, encouragée par l'immobilité de l'hôtesse, bourdonne à ses oreilles)
L'hôtesse: une petite curiosité me prend, croyez bien que c'est très innocemment et sans la moindre arrière pensée que je demande cela, et d'ailleurs soyez bien sures de ma totale tolérance quelle que soit la réponse, mais cette curiosité me pique et me pousse à vous demander, en tout respect et sans obligation de me répondre si cette question heurte votre pudeur que je respecte, si l'une d'entre vous se trouve affiliée, est fidèle, croit ou est attirée par une de ces religions orientales qui prêtent une âme aux objets ou aux animaux, qui en deviennent à l'instant sacrés?
Invité 1: non, même si c'est une opinion, et que je la respecte
Invité 2: merci de partager ta curiosité, la réponse est non.
Invité 3: c'est un point de vue joli, mais je ne fais que le trouver joli.
l'hôtesse merci pour votre confiance qui ne fera, j'en suis sure, que resserer les liens étroits qui se tissent déjà entre nous.
(et d'un mouvement vigoureux, elle écrase la mouche qui explose en mille gouttes de lymphe blanche)
l'hôtesse: quelqu'un veut du thé?
Et ce n'est pas uniquement parce qu'on s'y fait grave chier que je n'aime pas la Communication Panoramique dérivée du Patouche. C'est aussi l'aveu que la majorité des personnes doit lutter contre son envie d'étriper proprement quiconque n'est pas de son avis. Le Patouche est la frilosité de personnes effrayées par leur propre capacité à la haine et qui s'en protègent derrière un sourire angélique et une surdité rigoureuse, car il est communément admis que les coups qu'on donne risquent de nous retomber sur la gueule.
J'aime pas les débats décoratifs.
"C'est ton opinion et je la respecte.
3merci d'avoir partagé ton point de vue
"C'est très joli, comme p....aïe!"
Bon, retournons à nos moutons, dit-elle en se massant la main. Enfin, nos brebis, les catho adorent les brebis, surtout celles qui s'égarrent, allez savoir pourquoi, peut-être que du coup ça leur donne une bonne occasion de courir après, les joues rouges, la tenue débraillée, la vie au grand air, quoi. Les athées aiment beaucoup aussi courir après les croyants qui courent après les brebis, même si là, la seule chose qui se perde, c'est des baffes, mais bon c'est tout aussi tonique.
Pourquoi les cathos en particuliers, me direz-vous, comme l'annonce mon titre. Déjà, simple observation. Je ne m'entends pas avec eux. Alors sur: je vis dans un pays à tradition catholique marquée, donc j'ai plus de chance de tomber sur eux, donc de m'engueuler avec eux. Si je vais faire un tour aux States, je reviendrais surement avec trois pages de pamphlets appelant à l'immolation de tous les Protestants et autres évangélistes, tient d'ailleurs je le fais, comme ça pas de jaloux.
Mais c'est pas seulement pour ça. Ils me font flipper. Vraiment. Sérieux. Déjà, ils ont obligation d'aimer. C'est dans leur livre, faut qu'ils aiment. Comme si pour eux, l'amour, c'était comme les oméga: leur corps le fabrique pas,. Doivent en faire l'importation. Et faut voir comment ils le distribuent, cet amour! à part quelle bouille sympathique qui ont trouvé la foi pour le fun plutôt que le paradis, ils sont une pub vivante pour des laxatifs.
J'ai toujours trouvé que Jésus en croix était un symbole parfait. "Vois, je suis devant toi, nu et sans armes; vois, je t'ouvre les bras, les bras bien grand, mais putain ça fait maaaaaaaaaaaaaaaaaaal!"
J'ai toujours eu cette impression. Une impression de retenue difficile à contenir. De "putain je te casserais bien la gueule, pauvre conne dégénérée qui ose me contredire, mais j'ai pas le droit, et pis t'as des lunettes." Parce que c'est agressif, cette race là. Comme les Rott. Dès que ça vous mord, ça vous lâche plus. Vous avez forcément déjà vécu cette situation. Mais si. Vous savez. Quelqu'un qui vous suit partout et veux A TOUTE FORCE vous convertir. Qui est persuadé qu'avec ses jets d'amour façon arme laser de héros de BD vous allez céder, Qu'à force de réciter des versets vous allez vous frapper le front d'un coup en disant "mais c'est bien sur! c'est la Vérité! Fichtre! comment ne m'en suis-je pas aperçu plus tôt! ça y est, j'ai la foi, merci à toi, c'est gentil de m'en avoir apporté."
Bon, des gros lourds, y'en a partout, certes. Mais ce que je trouve particulièrement insupportable dans ce type de prosélytisme, c'est qu'en brandissant haut leur foi, ils prouvent ainsi qu'ils ne l'ont pas. Ben oui. Si une foi nait d'arguments, ça s'appelle une opinion. Une conviction pour les caractères les plus chiants. La foi, la vraie, la pure, l'éthymologique, est l'aveu d'une parfaite absurdité, l'aveu que le croyant ne sait rien, ne pense rien, mais suit une Ecriture comme il aurait pu suivre une carte routière. Il a choisit, sans raison ni cause, et il en a conscience. La personne qui a vraiment, réellement la foi ne croit pas en l'existence de Dieu. Elle l'espère.
Pour la même raison, j'ai horreur des athées qui fondent leur foi par ce biais très prisé des arguments scientifiques, répondant à cet a priori que la religion nait d'une volonté d'expliquer des phénomènes biologiques, physiques et chimiques que les âges obscurs ne pouvaient comprendre. Primo, ça, c'est le rôle de la superstition et à la limite des mythes si on remonte très très loin. Pas de la faute de la religion si les croyants sont brouillons et ont souvent mélangé les deux. Secondo, c'est de l'hypocrisie pure. L'athéisme est une religion comme une autre. Ils se définissent souvent comme ne croyant pas à l'existence de Dieu. En réalité, ils croient à sa non-existence. Et c'est une foi. Comme pour l'autre camp, ils peuvent rien prouver, rien vérifier. Perso, je suis agnostique, parce que je me contente de ne pas croire, et que ça m'évite pas mal d'emmerdes.
En parlant d'hypocrisie, j'ai une sainte (hi hi!) horreur de cette petite plainte en fond sonore qui agace les dents de toute personne étant obligée de subir le discours d'un croyant en pleine transe d'avoir peut-être trouvé un nouvel ami à ajouter à Facebook. Celle qui glisse qu'en restant enfermé dans notre incroyance crasse, on se prive de quelque chose. A les entendre, la foi a des effets similaire à la LSD: on voit Dieu partout, les couleurs sont plus intenses comme si avait lavé le monde avec Ariel, l'amour c'est plus l'amour, mais l'Amour ce qui a vachement une autre gueule, ect... Et ils ont pitié de nous, les pauvres! comme ils nous regardent avec leur sourire réglementaire et leur mine désolée! Moi je dis: leur foi est un condiment, le sel qu'ils ont ajouté au monde, pour le trouver à leur goût. Leur amour universel est né d'une incapacité à apprendre à aimer ce qu'ils ont sous les yeux, alors ils mettent Dieu devant façon calque pour regarder par transparence et trouver ça joli. Ce sont des myopes qui expliquent patiemment à une bonne vue qu'il doit se l'abimer pour porter des lunettes.
J'ai toujours fui les drogues avec soin, mais moins les drogués, et je retrouve parfois les mêmes phrases, les mêmes expressions: c'est une expérience, on voit le monde différement, ça apporte beaucoup dans les relations avec les gens (pourquoi toute personne cherchant à me convaincre du bien fondé de leur marotte insistent tant sur mes rapports aux gens? ) ça apaise et calme les angoisses, ça permet un autre point de vue et donc de s'enrichir ect...
Et surtout, SURTOUT ce sont les rois du Patouche. Mais un Patouche spécial. On a juste le droit de Patoucher à eux.
Et pourquoi les mystiques, ça passe, hein? hey ho, t'as pas l'impression que cet article est déjà trois fois trop long? si t'insiste, je te dirais pourquoi, mais en attendant, moi je vais me coucher.
October 12 tout ce qu'on ne dit pasTout ce que l'on tait, qui glisse sur les courbes du coeur, qui s'infiltre dans les fibres, s'insunue, se glisse entre deux sangs,, qui tombe au goutte à goutte, se distille, fermente et gonfle en mille bulles d'amertume. Le coeur gros.
Et on peut la garder longtemps, ce coeur plein comme une outre, ce coeur qui goutte et transpire. Toute une vie, peut-être.
Mais parfois, une image, un mot, une trahison. Qui presse contre le coeur, le prend et le presse, et tout jaillit. Le coeur serré.
Tout ce que j'ai pu taire en savourant mon silence. La fierté de mon silence.
Ta fierté d'aujourd'hui sera ton regret de demain.
La vie est une suite d'échec qui prennent beaucoup et de succès qui n'apportent rien.
Je suis une intellectuelle cas ma peau a peur du froid. De la saleté. De l'avilissement. J'ai eu peur, pendant si longtemps, des coups qui entaillent, qui nous enlèvent chaque jour un petit morceau de chair.
A force de vouloir sauver ma peau j'ai perdu mon âme.
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Ô mes frères, mes fous. Je contemple votre folie et m'y réchauffe. Faut-il écouter les conseils des gens qui ne sont pas malheureux? Il y en a tellement, de ces gens qui ne sont pas malheureux. Ca grouille, et ça m'effraie. Je n'ai rien contre eux, mais je ne veux pas qu'ils me touchent.
Que faire lorsqu'on se pressent d'une autre essence que tout autre? d'une essence différente même de ceux qui, habituellement, se disent différents?
Que faire lorsqu'on ne peut plus rejoindre les rangs de ceux qui ont quitté les rangs?
Ann Hidden est décrite au détour d'un chapitre à la manière du coeur jaune et moelleux d'une paquerette. Ses pétales sont ses amis, ses rencontres. Chaque pétale se lie à elle par la petite base un peu plus dure: Ann est ainsi. Ann est comme ça. Ce que je sais d'Ann, c'est cela. Chaque pétale se trompe, mais sans eux, pas de fleur,et pas de coeur, jaune et moelleux. On la connait comme on effeuille. Je t'aime, un peu, beaucoup, absurdement.
Nous sommes un coeur de minuscules fibres qui nous lient à d'autres coeurs de fibres, et chacun s'"accroche à ce qu'il sait, croyant qu'en sachant il connait. Ainsi est quand nous aimons.
Soit nous aimons et sommes fragmentaires, explosés. Soit nous n'aimons pas et sommes unis, pleins, mais incomplets. Ainsi est.
Je regarde mes fous et y vois d'autant mieux ma raison. J'aime un funambule. De cela qui est surpris? J'aime le potentiel et la bascule. Quand tout est encore parfait. Les aubes et les crépuscules. J'aime la marche de la chute.
Si un jour je me jette du haut de la falaise,je le ferai les mains dans les poches, la clope au bec.
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Je sais pas vous, mais moi j'ai horreur de cette nouvelle habitude informatique qui veut nous mettre notre prénom sur la page "profil" de nos blogs. J'ai aimé m'apeller Fuchsia un peu partout. J'aime donner des noms aux différentes voix qui s'entrechoquent dans ma solitude et que je nomme pompeusement mon esprit. Fuchsia. Ratio. Et la Chienne, bien entendu. Je n'aime pas mon prénom. Je n'ai jamais aimé ce qu'on a voulu faire de moi, celles qu'on a voulu faire de moi, et que je m'efforçais de mimer, parfois. J'aurai aimé être méchante. Je n'ai jamais été innocente ni cruelle. Je n'ai jamais été enfant.
Toutes les mains qui se tendaient vers moi, pressées de toucher mon coeur, pressées de toucher mon essence, d'être mes pétales fibreux, d'être ma collerette et que je sois la leur, ces mains griffues, avides, nerveuses - je leur glissais quelque lien en leur paume, le premier qui me venait, et les mains satisfaites s'éloignaient, serrant en leur poing une corde qui ne reliaient à rien. Trop occupés à se poser des questions sur moi pour voir que je ne leur répondais pas.
Ceux qui me connaissent le mieux savent une chose en plus de ceux qui ne me connaissent pas. Juste une. Ils savent qu'ils ne savent rien de moi.
Ils savent de moi tout ce que je ne dis pas.
J'ai aimé m'appeler Fuchsia car j'en avais besoin. Peut-être qu'en réalité je ne suis pas raisonnable. Peut-être n'ai-je qu'une forme de folie très organisée. Bien propre, bien rangée et très pure. Mes fous aiment le chaos. J'aime le vide. Ils aiment le feu et le sang. Oui, j'aime le sang, mais je préfère la glace.
Un jour, je vous raconterai.
Une folie, une folie froide et tranchante, et un rire de monstre au dessus de tout cela. Ainsi suis-je. Ainsi est un fragment de moi, un pétale fibreux caché en mon coeur de neige, et qui n'appartient à personne.
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"Qu'est-ce qu'on va faire de toi?" disaient les grands quand je n'étais pas grande. Je détestais cette question. J'étais plus sensible qu'intelligente, alors je me sentais incapable. Puis, quand je fus intelligente, j'ai pensé "cette question, vous la posez d'un ton sévère et critique, pour vous en débarrasser, l'expluser bien proprement. Car c'est une question honnète, les seuls questionements insupportables. Vous ne savez pas quoi faire de moi, non que je sois capable de rien, mais parce que je m'échappe de tout. Ce qui est chez vous un jardin secret est chez moi une forêt, une mer, un continent. Je me glisse entre les failles de vos éducations, vos enseignements. Je peux ressembler à tout le monde. Je le peux, car je ne ressemble à personne. Car je ne vous ressemble pas. Vous n'êtes pas habitués à être seuls, et ne voyez pas que je suis seule avec vous tous. Ce que vous appelez nos rapports, nos échanges, ne sont qu'une course. Vous me courrez après et j'ai toujours une longueur d'avance sur vous."
Je suis toujours prête à aimer de tout mon coeur. A donner tout mon amour à celui qui ne me réclame pas. Tu me l'as demandé Funambule, tu n'as pas fait exprès, mais tu le regretteras longtemps.
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A la télévision je vois des gens. La journaliste a dit "un transferment". A la télévision je vois des gens qui chantent des airs que j'ignore, dansent ensemble sur des pas que je ne connais pas. Vus d'en haut, ils ressemblent à un champ de blé qui ondulent sous le vent. C'est joli, mais je préfère le blé, mais je préfère le vent.
Je n'ai jamais été enfant, mais j'ai été jeune. Quand j'étais jeune s'est amoicée cette mode chez le lycéens de manifester comme les grands de la fac. Je ne sais plus pourquoi nous manifestions, pourquoi nous nous agrippions les uns aux autres, pourquoi nous nous appelions les uns les autres, pour brailler ensemble les mêmes slogans. Mais je savais pourquoi j'adorais cela. Solal! En être! tellement en être! Etre parmi eux, comme eux, soeur et amie et inconnue et semblable et être pour une fois si peu moi et tellement comme les autres, et parler à des autres - oh, une seconde, une minute - des autres qui me savaient là et ne voulaient pas me chasser, des autres pour qui ma simple présence me faisait à leur ressemblance. C'était quelques jours, mais c'était bon.
Ainsi naissent les flammes adolescentes. Les révolutions de 17 ans. Ainsi nait l'étincelle qui brille dans la nuit, qui la parfume avec éclat, avant d'être soufflée par un temps qui passe, tandis que sur notre visage se creusent les rides et blanchissent les cheveux, à contempler une volute de fumée. September 17 on peut pas écrire en écoutant de la musique Seule la musique est déchirante. Oui mon ami, seule. Seule elle peut nous ouvrir le coeur comme un mollusque, comme une puanteur, tu as beau faire elle la trouvera toujours, elle seule peut nous percer, d'un coup, et remonter, et nous faire cracher du sang en énorme paquets noirs, elle seule, et qu'on lui demande : encore. La musique ne connait pas la grâce. Seulement la supplication. Encore. Tu sais quoi, mon ami? on ne peut pas écrire en musique. C'est tout simplement impossible. On en mourrait. Ou alors on s'en ficherait. Dans tous les cas ce serait une telle catastrophe que l'horreur emplit celui qui s'y tente, les mains tremblantes, avant d'y renoncer. Il n'y a qu'une seule exception. Mon exception à moi, mon amante, ma perversité. La Jeune Fille et la Mort de Schubert. Ho oui, là j'écris. Tu ne peux savoir comment ça fait. Comme si les violons écrivaient. Comme si je vomissais, et c'est bon, c'est bon, tu n'as pas idée l'ami, tu n'as pas idée. Car seule la musique est transe. Et mettre la transe en mot est la plus dangereuse des choses. Y'en a qui appellent cela la chanson - laisse, laisse rire les violons, voilà c'est fait, un petit aigu tout ténu, tout l'air de rien, ça sait pas rire les violons, c'est vite condescendants, qu'est-ce que tu veux c'est à force d'être toujourus devant dans l'orchestre, et d'être serrés dans des gueules de premiers de la classe. Les clarinettes aussi, mais elles ont l'air con, avec leurs joues au bout qui souffle, toutes rouges et vibrantes, presque barrissantes quand c'est un débutant, drôlerie des gammes, tandis que le violon, ho non - lui il se défend monsieur, et c'est à rendre sourd, ou fou, ou dans un tel amour qu'on est prêt à se faire Ho c'est horrible cette façon qu'a Schubert de nous prendre par les doigts, s'il n'a pas envie de vous laisser terminer une phrase, mâtin - il faut redire mâtin, les gens, il faut car il va disparaitre ce mot, pourtant il est bien, moi qui dis si souvent putain je le trouve bien, c'est un bon remplacement, un peu coquin, enfantin, comme une cigarette en chocolat caché dans le paquet de vogues - et qui se voit à cinq mètres mais on fait style que non. Voilà, voilà il s'apaise. Il me laisse un peu reprendre mon coeur -reviens, reviens là, t'as pas eu peur, mon coeur? bien sur que non le con, il en redemande, et moi je le comprends, j'aime tellement, tellement ce mouvement, y'a pas à faire, c'est toujours pareil c'est la transe réfléchis pas vaut mieux et écrit. C'est bientot la fin du mouvement, et tu ne te souviens plus lequel c'est ensuite, tu aimes n'est-ce pas? tu aimes quand ça fait comme ça et oui tu es une vieille amante délaissée, délaissée par ton éternellement jeune et belle, ô mes violons, les voici c'est si beau, et ça me repond dans le corps et les jambes et mes doigts qui n'en peuvent plus qui aimeraient écrire, mais non obéit à la voix, la voix du violon ne soit pas si timide, tu connais la guitare mes doigt et l'aime, alors pourquoi? Ha c'est l'andante. Enfin le passage au milieu du truc qui est plus lent quoi. Je l'écoute et pleure Je suis atrocement andante. Plus que tout au monde. Et voici. Il y a des choses qui marchent sur une route - une route pleine de sable, pleine de verre, de joli bouts de verres noirs et bleus, ça scintille. Une chose marche vers moi, je sais que je ne dois pas courir -laisse venir, laisse venir, là tout doux mon ami, tout doux, c'est sous tes caresses que nous nous approcherons. Elle n'est pas mal cette version Je pense que c'est celle que j'avais écoutée où? et c'était bon, oui. C'était bon pour relire. Il y a des mariages qui durent le temps de larmes. Il y a des mariages de musique et de livres, de mots et de sons, qui bouleversent tant qu'il n'y a plus qu'une chose à faire. D'abord peut-être se lever et marcher jusqu'à un rebord, le premier rebord que l'on trouve, l'important c'est que ce soit haut, ou loin, ou tellement indéfinissable, mais il faut une frontière. Va et marche jusqu'à la frontière, et là laisse venir laisse venir n'aie pas peur, ça fait mal je sais, mais c'est si doux, si doux lorsque le sang coule, n'avais-tu jamais remarqué comme le sang est joli? il ne faut pas craindre les violons ne sont que les hurlements d'un monde perdu, un monde auquel tu rêves parfois, je le sais car je te connais, un monde qui fut. Un monde où les arbres un monde où les cris un monde où les pierres et les pierres au fond de l'eau, celles qui sont si lisses, et si encastrées, des pierres noyées, leurs faces terrorisées à travers mille ans d'eau et tout cela ensemble. Et ça hurle! Hurle enfin! hurle en déchirant mille plaies, ça hurle tellement que les peaux s'ouvrent, les peaux s'ouvrent et respirent. On ne peut pas écrire en écoutant de la musique. September 02 l'apocalypse selon le DJ Je tiens les boites de nuit comme le symbole le plus évident de notre époque. Je me suis parfois demandée pourquoi. Après tout, j'aurai pu céder à la tradition et choisir une découverte, une idée, une habitude commune, une technologie. Entre internet, le Sida, le tri sélectif et autre, c'est pas la place qui manquait. Et on ne peut même pas classer les boites de nuit comme étant une habitude commune. Les boites, c'est comme voter pour Sarkozy. C'est toujours plein, mais quand on demande, jamais personne n'y va. J'ai d'abord cru que ma fixation sur les boites de nuit venait de son caractère résolument cocasse. Déjà, rien que le terme. Boite. On n'est peu habitués à tant d'honnêteté architecturale. On enferme les gens ensemble. On les range. Comme des playmobils. Ensuite, dans cette "boite", y'a plein de gens qui sont tout collés les uns contre les autres, et on met de la musique très forte et la lumière très basse, grâce à quoi, personne n'entendant la conversation de l'autre, et chacun ayant du mal à distinguer son voisin, tout le monde a une chance d'avoir envie de coucher avec. Des boxes d'insémination. J'ai dit "musique", parce que c'est comme ça qu'on dit, mais pour moi ça reste incompréhensible. Pour faire une musique -bon, je vire la musique expérimentale - il faut un rythme et une mélodie. Tu prends l'un, tu prends l'autre, tu t'arranges pour que la seconde rentre dans le premier, et le tour est joué. Pas dur, quoi. Ben là, non. Il y a une battue et des sons isolés, mais comme les sons correspondent dans leur fréquence aux fréquences des notes, on n'a pas le droit d'appeler ça du bruit. Dans ce que par désespoir j'appellerai espace sonore - ou plutôt espace sonné - tient, pourquoi y'a qu'un "n" à "sonore" et deux à "sonné"? - les gens s'amusent et hurlent, chantent des refrains qui ne veulent rien dire et ne leur disent rien, et que dans une large mesure on ne peut pas dire qu'ils les aiment (les cris amplifiés d'Alexandrie/Alexandra" résonnent-ils chez eux? viennent-ils ici pour les entendre?) Leur joie, leur enthousiasme, provient d'une part de l'alcool, d'autre part de cette vieille mauvaise habitude civilisatrice, celle de chanter ensemble - choeur, chorale, chants religieux, joyeux anniversaire, chants de Noël au pied du sapin et du petit de 8 ans massacrant "douce nuit" sur son bontempi - non pas pour le plaisir de chanter - sous la douche, ça n'a rien de civilisateur - mais pour le plaisir de voir qu'on n'est pas le seul à le faire, qu'on connait les paroles que les autres connaissent, que ces chants font partie d'un tout, d'une tradition, bref, que cette culture donnée existe, et qu'on en fait partie. A quelle gloire chantent-ils? ce n'est pas une fête, une date, une commémoration. Il n'y a pas d'événement à célébrer. De dieu, de sort à conjurer. En rétrécissant le champ du chant - ha ha.- on ne peut même pas encore dire que c'est à la gloire de la musique, du "son" comme ils disent - encore cette saveur particulière que prend un groupe qui se rend ridicule sans le savoir - ni même de l'alcool - laissons ça aux chants à boire - du sexe, des stromboscopes, des serveuses, bref, tout le bric à brac qu'on trouve en général là dedans. Une boite de nuit est une église dont on a retiré Dieu, une manifestation sans cause ni slogans*. C'est une célébration de la célébration. Une réunion soigneusement organisée pour se dire "hey, les gars, on est tous au même endroit, c'est dingue!" A ceci s'ajoute l'insupportable simplicité de l'espace sonné. Ce qu'on y passe est unique en son genre, car c'est une musique qu'il ne faut absolument pas écouter. Si on laisse les oreilles faire, on a juste envie de ruer dehors en hurlant "mes tympans! mes tympans! ils fooooooodent!" Non, c'est un son qu'on écoute avec l'intimité physique parfaitement répartie: le double battement du rythme cardiaque. Comme le hurlement engendre la peur, même de la part de blondasses dans les films d'horreur qui injectent leur dose d'adrénaline dans les veines des puissants aventuriers de canapé, comme les halètements et les soupirs de plaisir captent aussitôt l'attention et donnent envie de faire pareil, le battement sourd appelle le chaland, à l'instar des rats happés par le son de la flute de l'autre guguss dont le nom m'a été chopé par ma mémoire facétieuse qui le tient bien haut en riant, me regardant trépigner, toute rouge et tapant du pied, couinant: "rend-le moi! rend-le moi!", ce qui fait beaucoup de comparaison pour un concept aussi facilement assimilable, pas ma mémoire de merde mais la liste non exhaustive des appeaux sonores, et si vous voulez vous en régaler n'hésitez pas à lire "La haine de la musique" de Quignard, oui, encore lui, je suis très Quignard en ce moment pour ceux qui ne l'aurait pas encore remarqué, et d'ailleurs je ferais bien d'en lire là maintenant tout de suite, car la sobriété et la pureté de ses phrases donne aussitôt l'envie jalouse de faire pareil, d'ailleurs c'est presque un instinct, une contagion, en tout cas moi je ne fais pas exprès, tient d'ailleurs s'il savait qu'il était un appeau linguistique il en étoufferait le pauvre, quoique peut-être pas en voyant l'urgence d'un quignage sur ma prose - oui, je viens d'inventer le terme, mignon, n'est-ce pas? j'ai toujours trouvé que les auteurs vivaient la plus haute consécration en se voyant attribuer leur adjectif, c'est tellement plus glamour qu'une plaque sur un coin de rue, et je pense que Hugo et Rimbaud ont été particulièrement gâtés dans ce domaine, leurs adjectifs respectifs fondent et roulent dans la bouche comme des bonbons, c'est un délice - tout ça pour dire que, bordel de merde, cette phrase est si longue qu'il faudrait lui faire un ourlet, et Hamelin! voilà ce que cherchais, oui je sais, vous aviez deviné depuis le début, z'auriez pu me le dire, ça m'aurait évité de faire une phrase aussi longue pour le retrouver, et si vous me dites que j'aurai pu arrêter d'écrire pour y réfléchir, je vous réponds que vous n'y connaissez rien. Bon, j'en étais où. Ha oui: le battement rythmique appelle par mimétisme. Donc, forcément, ça parle à tout le monde. Tout le monde a un coeur (enfin, biologiquement - ajoute t-elle en pensant brusquement à Salizar). Là dessus se greffent quelques notes, dont l'insignifiance ne risquent guère de heurter un quelconque gout, dont la fadeur offre autant de résistance au jugement qu'une gelée de groseille à une cuillère chauffée à blanc par un héroïnomane.** Là est le génie vide des types qui mixent ce genre de truc. Les gens y vont non parce que ça plait, mais parce que c'est trop nul pour déplaire. C'est magique. Dans les boites, tout le monde danse, hurle, et s'éclate; tu les sors avec un tire-bouchon, ils se disent "c'est quoi cette musique de merde?" Résumons. Nous avons des espaces clos réduits à leur plus simple expression, avec des gens dedans, qui y viennent pour y venir, se laisser bercer par un battement cardiaque énorme, puissant, dans une obscurité presque totale, empêchant toute conversation, tout langage parlé, avec pour but presque affiché d'avoir des relations sexuelles avec quelqu'un. Et dans ces boites, chacun enfermé dans ce tressautement qu'on appelle "danse", danse elle aussi unique au monde car la plus individuelle possible, prenant le moins de place possible, chacun enfermé dans sa danse même lorsqu'on danse à deux - danse sans partenaire, où danser avec quelqu'un signifie juxtaposer sa danse à l'autre - et là dedans, le mâle frétille à la recherche de la femelle, femelle infiniment rare par rapport à la foule compacte et nerveuse qui s'agite, remonte le courant dense de concurrents qui lui barrent la route, et là, oui, devant lui, une femelle, vite, d'autres mâles s'approchent, et c'est la course, l'affolement, je peux te payer un verre, qu'est-ce qu'une fille aussi mignonne fait toute seule, merde, l'autre lui a fait un compliment sur ses yeux, vite, tu as de très beaux cheveux, c'est quoi ton shampoing? merde j'ai l'air d'un gay maintenant, je ne vais jamais passer le barrage, jamais me faire sélectionner, l'autre mâle va l'avoir et s'accoupler avec elle, ils vont fusionner tandis que moi je vais rester là comme un gland à me saouler la gueule au bar, ayant perdu la route qui mène à la copulation. Ca ne vous rappelle rien? si si, vous voyez où je veux en venir. Les boites de nuit sont les utérus du XXI ème siècle. Des hommes spematozoïdes attendant à l'entrée, tandis que ces demoiselles passent sans soucis, de se faire éjaculer dans l'antre sacrée. Et au fur et à mesure de la nuit, les foetus se développent, insouciants et légers, portés par les liquides amniotiques servis dans de petits verres très colorés, bercés par le ronron basse fréquence, enfermés dans leur danse, dans leurs mouvements - en flacon, oui, véritablement en flacon, merci de m'avoir rappelé Huxley, c'est exactement, retrouvant la béatitude d'avant la naissance, et la totale irresponsabilité de ce qui la suit de peu. Et là, je peux griller tous les témoins de Jehovah et vous annoncer que la fin du monde est proche. Cet instinct de civilisation, de réunion du plus grand nombre quoiqu'il arrive dans une visée purement reproductrice - reproduire des individus, baptisés "on va chez toi ou chez moi?" - mais aussi reproduire notre ère, dans une réincarnation fantastique, retrouver le Grand Utérus et en ressortir neuf, purifié de ceux qui sont trop pauvres, trop de basket, trop de casquette, trop de mélanine dans la carnation, repoussant ceux qui ne sont pas assez intégrés, assez patriotes pour supporter ce son pourtant conçu pour attirer tout le monde, et ainsi créer la Nouvelle Race, accouchée de ce temple du renouveau. Tremblez! tremblez mortels, ô amis au bon goût! l'ordre nouveau arrive, et nous serons balayés! Le nouvel arien est peroxydé, la nouvelle Marianne glousse sur des talons de 18 cm! Ils arrivent! Et celui qui dit que je n'aurais pas dû lêcher la cuillère de l'héroïnomane, je l'exorte à vivre pendant 7 mois à côté d'une boite de nuit, pour voir si j'ai pas raison. *de toilette, évidemment **on peut être drogué et gourmand. |
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